Entendre qu'après un cancer du sein, le sport, la sexualité ou une grossesse deviendraient impossibles est une idée qui circule souvent en consultation. Elle ajoute une inquiétude inutile à une période déjà difficile. Regardons ce que décrivent réellement les données disponibles.

Le mythe

« Après un cancer du sein, on ne peut plus avoir une vie normale : plus de sport, plus de sexualité, plus de projet de grossesse. »

La réalité scientifique

Sur le plan du sport, c'est même l'inverse qui est recommandé. Toute personne atteinte de cancer, en cours de traitement ou après traitement, peut pratiquer une activité physique, sous réserve d'un accord médical et d'une adaptation au cas par cas. Pendant les traitements, il est recommandé de pratiquer une activité d'endurance d'environ 30 minutes à hauteur de 5 fois par semaine à intensité modérée à élevée, associée à un renforcement musculaire deux fois par semaine. Des travaux de synthèse décrivent par ailleurs qu'une activité physique pratiquée après un diagnostic de cancer du sein est associée à une réduction de la mortalité par ce cancer, de la mortalité globale et du risque de récidive.

Sur la sexualité, les études montrent que des changements sont fréquents, sans être systématiques ni définitifs. Une étude portant sur des femmes suivies après traitement d'un cancer du sein non métastatique a retrouvé qu'environ la moitié des patientes avaient une vie sexuelle altérée par la maladie, avec une diminution de la fréquence des rapports, du désir sexuel et de la capacité à atteindre l'orgasme chez une partie d'entre elles. Ces difficultés, liées aux traitements et à l'image corporelle, peuvent être abordées et accompagnées en consultation.

Concernant la grossesse, les recommandations européennes en oncologie précisent qu'une grossesse reste envisageable après un cancer du sein, sur la base d'une information éclairée tenant compte de l'âge, des traitements reçus et des facteurs pronostiques de la maladie. Un délai, généralement discuté entre la fin des traitements et un projet de grossesse, permet d'évaluer la situation avec l'équipe soignante.

Pourquoi c'est important

Croire qu'une vie « normale » n'est plus possible peut pousser certaines femmes à renoncer, par elles-mêmes, à des activités ou des projets qui restent pourtant envisageables. Cela peut aggraver l'isolement et la perte de confiance, déjà fréquents après un cancer. Remettre ces sujets sur la table, avec des données precises plutôt que des idées reçues, permet de redonner une marge de décision à chaque patiente.

Ce qu'il faut retenir

À retenir

Le sport est recommandé pendant et après un cancer du sein ; la sexualité peut être affectée mais se travaille ; une grossesse reste possible et se prépare avec l'équipe soignante.

N'hésitez pas à aborder ces questions en consultation : chaque situation mérite une réponse adaptée à votre histoire et à vos traitements.