Après 60 ans, beaucoup de patientes pensent que le traitement hormonal de la ménopause (THM) n'est plus envisageable, ou qu'il devient forcément risqué. Cette idée mérite d'être nuancée, car la réponse dépend surtout du moment où le traitement est commencé et de la situation de chaque femme.

Le mythe

« Après 60 ans, le traitement hormonal est de toute façon trop tard et trop dangereux. »

La réalité scientifique

Les sociétés savantes distinguent l'initiation du traitement de sa poursuite. La Haute Autorité de Santé rappelle que l'intérêt d'un traitement des troubles symptomatiques de la ménopause existe lorsque les femmes en sont très gênées, et qu'il faut estimer avec attention le rapport bénéfice-risque propre à chaque femme.

La société savante nord-américaine de la ménopause précise ce raisonnement par tranche d'âge : pour les femmes de moins de 60 ans ou dans les 10 ans suivant le début de la ménopause, sans contre-indication, la balance bénéfice-risque est favorable pour traiter les bouffées de chaleur gênantes et prévenir la perte osseuse. En revanche, pour celles qui débutent un traitement hormonal plus de 10 ans après le début de la ménopause ou après 60 ans, la balance apparaît moins favorable, en raison de risques absolus plus élevés de maladie coronarienne, d'accident vasculaire cérébral, de thrombose veineuse et de démence.

Cela ne signifie pas qu'une femme déjà traitée doive arrêter à son 60ᵉ anniversaire. Une étude récente publiée par cette même société souligne que malgré les recommandations actuelles conseillant l'initiation avant 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause, une proportion notable de femmes plus âgées poursuit ou commence un traitement plus tard dans la vie. Les auteurs insistent sur une approche personnalisée, avec une réévaluation régulière des risques et des bénéfices à mesure que les femmes avancent en âge.

Pourquoi c'est important

Poser un « couperet » automatique à 60 ans revient à ignorer deux réalités : certaines femmes conservent des symptômes gênants bien après cet âge, et d'autres tolèrent très bien un traitement débuté plus tôt. À l'inverse, penser que l'âge n'a aucune importance masquerait l'augmentation réelle des risques observée lors d'une initiation tardive. La bonne question n'est donc pas « quel âge ai-je ? » mais « quels sont mes symptômes, mes antécédents et mes facteurs de risque aujourd'hui ? ».

Ce qu'il faut retenir

À retenir

Il n'existe pas de limite d'âge unique et automatique : l'intérêt et la sécurité d'un traitement hormonal se réévaluent au cas par cas, avec son médecin, en tenant compte du moment de la ménopause, des symptômes et des antécédents personnels.

N'hésitez pas à évoquer votre situation précise en consultation : c'est le meilleur moyen de savoir si un traitement hormonal, son maintien ou son arrêt, est adapté à votre cas.