« Je n'ose pas faire ma mammographie, j'ai peur des rayons X. » Cette crainte revient régulièrement en consultation. Elle mérite d'être regardée avec les données disponibles plutôt qu'avec l'appréhension seule.
Le mythe
« La mammographie est dangereuse à cause des radiations. »
La réalité scientifique
La mammographie utilise effectivement des rayons X, mais à une dose très faible. Généralement, la mammographie expose les seins à une irradiation d'environ 0,21 mSv. C'est un niveau d'exposition minime comparé à d'autres examens radiologiques.
Les travaux qui ont modélisé ce risque sur de grandes populations aboutissent à des chiffres rassurants. Le risque de développer un cancer du sein radio-induit lié au dépistage par mammographie est généralement considéré comme étant d'environ 1 cas pour 1000 femmes dépistées sur une période de 34 ans de participation à un programme de dépistage. Un modèle portant sur cent mille femmes suivant un dépistage annuel de 40 à 55 ans puis biennal jusqu'à 74 ans illustre bien la balance bénéfice-risque : avec une dose glandulaire moyenne de 3,7 mGy par examen, les auteurs estiment 125 cancers attribuables aux radiations et 16 décès supplémentaires, à comparer aux 968 décès évités grâce à la détection précoce, soit un rapport bénéfice-risque d'environ 60.
Du côté des recommandations américaines, le nombre de décès causés par un cancer radio-induit lié à la mammographie a été estimé à 2 pour 100 000 femmes de 50 à 59 ans dépistées tous les deux ans, et à 11 pour 100 000 femmes de 40 à 49 ans dépistées chaque année. Ce risque existe donc, mais il reste nettement inférieur aux cancers évités grâce au dépistage.
Pourquoi c'est important
Les sociétés savantes reconnaissent les bénéfices globaux du dépistage par mammographie, comme la baisse de la mortalité par cancer du sein, tout en prenant en compte les inconvénients possibles : faux positifs, anxiété, inconfort, surdiagnostic et exposition aux radiations. Laisser la peur des rayons prendre le dessus peut conduire à repousser ou éviter un examen dont l'utilité pour la détection précoce reste, à ce jour, bien documentée. La décision de se faire dépister, et son rythme, se construisent avec votre médecin en tenant compte de votre âge et de vos facteurs de risque personnels.
Ce qu'il faut retenir
À retenir
La dose de rayons X utilisée en mammographie est très faible, de l'ordre de deux dixièmes de millisievert par examen. Le risque théorique de cancer radio-induit existe mais reste largement inférieur, selon les modèles disponibles, au bénéfice attendu du dépistage en matière de détection précoce.
N'hésitez pas à aborder cette question avec votre médecin lors de votre prochaine consultation.