Perdre un sein après une mastectomie ne signifie pas devoir vivre avec cette absence pour toujours, sans aucune autre option. C'est pourtant une idée reçue qui circule encore beaucoup, et qui empêche parfois les femmes d'imaginer qu'un choix leur appartient.
Le mythe
« Une fois le sein enlevé, c'est définitif : on ne peut rien reconstruire. »
La réalité scientifique
C'est faux, et les recommandations françaises sont très claires sur ce point. La reconstruction mammaire n'est pas un traitement, elle n'est pas obligatoire, et toutes les femmes peuvent se la voir proposer après une mastectomie totale. Chaque femme a le choix de retrouver un volume mammaire ou de garder un buste plat, et si elle hésite, elle peut se décider plus tard, même plusieurs années après la mastectomie.
Deux grandes options existent. La reconstruction peut se faire en même temps que la chirurgie du cancer (reconstruction immédiate), ou plus souvent après la fin des traitements, au cours d'une nouvelle intervention (reconstruction différée, ou secondaire). Chacune a ses avantages : la reconstruction immédiate peut éviter une intervention supplémentaire et engendre moins de stress, puisqu'à aucun moment la femme ne se retrouve « sans sein », tandis que la reconstruction différée permet de se concentrer pleinement sur le traitement, puis de décider plus tard, en prenant le temps d'accepter la perte du sein.
Les techniques elles-mêmes sont variées : pose d'une prothèse interne, ou reconstruction à partir des propres tissus de la patiente. Le choix se fait toujours en concertation avec l'équipe médicale, en fonction de la morphologie, des traitements reçus et des souhaits personnels. Une synthèse Cochrane rappelle d'ailleurs que plusieurs études ont rapporté des différences en termes de bénéfices psychologiques, de résultats esthétiques et de taux de complications selon le moment choisi pour la reconstruction, ce qui justifie que la décision soit individualisée plutôt qu'imposée.
Pourquoi c'est important
Savoir que ce choix existe, et qu'il n'y a pas d'urgence à le faire, change beaucoup de choses dans la façon de vivre l'annonce d'une mastectomie. Certaines femmes choisissent la reconstruction immédiate, d'autres préfèrent attendre, d'autres encore optent pour garder un buste plat : aucune n'est meilleure dans l'absolu, elles répondent simplement à des besoins différents. L'essentiel est que l'information soit donnée clairement, avant toute décision chirurgicale.
Ce qu'il faut retenir
À retenir
La reconstruction mammaire reste possible après une mastectomie, immédiatement ou des années plus tard, et le choix de la faire ou non appartient entièrement à la patiente.
Si cette question vous concerne, n'hésitez pas à en discuter en consultation : chaque situation mérite une réponse adaptée à votre histoire et à vos souhaits.